Le Conseil National des Organisations de Société Civile Guinéenne (CNOSCG) et l’ONG ‘’Bougeons ensemble’’ ont procédé ce samedi 31 octobre 2020, au recensement des victimes des récents événements nés de la crise post-électorale en Guinée et à la sensibilisation des habitants de Conakry. Cette rencontre a connu la présence du président du conseil de quartier de Wanindara, des imams, des victimes et des familles des victimes.
Ces deux organisations étaient cet après-midi à Wanindara 2 dans la commune de Ratoma. En toile de fond, recenser l’ensemble des pertes en vies humaines enregistrées dans le quartier (Wanindara 2 ndlr), les blessés, les biens détruits, et présenter les messages de condoléances aux familles des victimes. Aussi et surtout, sensibiliser les habitants à l’esprit de tolérance et du vivre ensemble. L’un des points essentiels est que le CNOSCG dit se charger d’exiger des réparations de ces dommages et que justice soit rendue à toute les victimes.
Après une prière dite en la mémoire de toutes les personnes qui ont perdu la vie dans ces violences, Gabriel Ange Haba croit savoir que l’une des sources aujourd’hui de la justice populaire et de la vengeance, c’est parce que les gens ont le sentiment d’être laissés pour compte et que la justice n’est pas là pour tout le monde.
« En tant que témoin oculaire de toutes les phases de cette élection présidentielle, le CNOCSG a décidé de venir sur le terrain pour toucher du bout des doigts et des yeux, les événements malheureux qui se sont produits sur le terrain…Aujourd’hui, les Guinéens se regardent comme des ennemis, ceux qui ont l’habitude de cohabiter s’entretuent entre eux, et ceux qui ont l’habitude de vivre ensemble se regardent comme des ennemis », regrette M. Haba.
À en croire le secrétaire exécutif de cette organisation, « Le CNOCSG a pris l’initiative de venir identifier l’ensemble des violences enregistrées sur le terrain. Parce qu’aujourd’hui les partis politiques, chacun se rejette la responsabilité et les bilans sont donné de part et d’autre de façon contradictoire, différente des autres. Alors nous ne pouvons pas en tant que société civile qui est l’interface entre les acteurs politiques, les citoyens et le gouvernement, nous ne pouvons pas être assis. »
Pour terminer, le CNOSCG compte identifier tous les quartiers de vives tensions et tous les sinistrés afin d’intensifier ses actions de sensibilisation. Il compte surtout rencontrer les forces de défense et de sécurité pour les sensibiliser à vivre ensemble sans tomber dans les pièges de la violence.
Mamadou Yaya Barry